3.4.1 Principe

Un filtre interférométrique est un Fabry-Pérot à couches minces : les deux « lames » sont des miroirs de Bragg, empilements de couches diélectriques d’indices alternés et séparées par une couche d’épaisseur 𝑒, l’espaceur. Il ne transmet qu’une bande étroite autour de 𝜆0, avec 2𝑛𝑒=𝑝𝜆0 et un ordre 𝑝 petit (1 ou 2).

Fig. 31. – Filtre interférométrique : espaceur demi-onde entre deux miroirs de Bragg à couches quart d’onde (échelle non respectée).

3.4.2 Miroirs de Bragg

Chaque couche a une épaisseur optique 𝜆0/4 : un aller-retour ajoute une différence de marche 𝜆0/2, soit un déphasage de 𝜋. Le coefficient de réflexion change de signe d’une interface à la suivante, ce qui ajoute un second déphasage de 𝜋 : toutes les ondes réfléchies sont en phase. Le coefficient de réflexion 𝑅 tend vers 1 avec le nombre 𝑁 de paires, sur une zone de largeur relative

Δ𝜆𝐵𝜆0=4𝜋arcsin(𝑛𝐻−𝑛𝐿𝑛𝐻+𝑛𝐿),

(43)

soit environ 29% pour 𝑛𝐻=2,3 (TiO2) et 𝑛𝐿=1,46 (SiO2).

3.4.3 Bande passante

L’espaceur est une cavité de Fabry-Pérot : on retrouve la fonction d’Airy, avec des miroirs de réflectance 𝑅 très proche de 1. La bande transmise a pour largeur 𝛿𝜆=𝜆0/(𝑝𝐹), où 𝐹=𝜋𝑅/(1−𝑅) est la finesse. Comme 𝑝 est petit, l’intervalle spectral libre 𝜆0/𝑝 est immense : une seule bande dans le visible.

3.4.4 Incidence oblique

La condition de transmission devient 2𝑛𝑒cos𝜃′=𝑝𝜆, où 𝜃′ est l’angle de réfraction dans l’espaceur. La longueur d’onde transmise diminue donc quand on incline le filtre :

𝜆0(𝜃)≃𝜆0(1−sin2𝜃2𝑛2).

(45)

Pour 𝑛=2 et 𝜃=10°, le décalage vaut environ −2 nm, comparable à la bande passante : on peut accorder le filtre en l’inclinant.

Pour aller plus loin. H. A. Macleod, Thin-Film Optical Filters, CRC Press ; M. Born et E. Wolf, Principles of Optics, Cambridge University Press.