d’après ?

NIntroduction

La mécanique du point porte à nous faire penser que les influences des astres les uns sur les autres sont homogènes sur l’ensemble de ceux-ci. Or il n’en est rien : même si les résultats sont vrais en première approximation, ils ne le sont plus dès que l’on cherche à décrire finement l’action d’un astre sur un autre, car l’attraction exercée varie d’un point à l’autre de l’astre qui la subit. Ce sont ces écarts à l’homogénéité, appelés forces de marée, qui sont à l’origine, entre autres, des marées océaniques.

Nous poserons d’abord le problème, puis nous le traiterons de manière naïve en prenant l’astre de référence comme centre d’un référentiel galiléen, ce qui ne fonctionne pas. Nous reprendrons ensuite les calculs en tenant compte du caractère non galiléen de ce référentiel, dû à l’astre lointain, ce qui nous donnera la véritable expression des forces de marée.

I Présentation du problème

On considère un astre massif 𝑇.

On considère l’action d’un satellite lointain 𝐿 sur 𝑇. En première approximation, un point 𝑀 demeurant à la surface de 𝑇 subit les forces d’attraction gravitationnelle de 𝑇 et de 𝐿 :

𝐅=𝐅𝑇+𝐅𝐿avec{𝐅𝐿=𝐺𝑚𝑀𝐿𝑅𝑇𝐿3𝑇𝐿⃗𝐅𝑇=−𝐺𝑚𝑀𝑇𝑅𝑇3𝑇𝑀⃗

(1)

Fig. 1. – Le point 𝑀 à la surface de 𝑇 subit l’attraction de 𝑇 et celle de 𝐿 (échelles non respectées).

On a ici négligé, du fait que 𝑅𝑇≪𝑅𝑇𝐿, le fait que 𝑀 n’est pas exactement au centre de 𝑇. Notre objectif est donc de déterminer les forces oubliées qui dépendent de la position de 𝑀 sur 𝑇 : les forces de marée.

II Approche naïve

II.A Référentiel supposé galiléen

On associe à 𝑇 le référentiel ℛ︀ supposé galiléen. Appliquons le PFD à 𝑀, en approximant au premier ordre que 𝑅𝑇≪𝑅𝑇𝐿 (et non plus à l’ordre 0) :

𝑚𝐚=𝐅𝑇+𝐅𝐿=−𝐺𝑚𝑀𝑇𝑅𝑇2(cos𝜃𝐞𝑥+sin𝜃𝐞𝑦)+𝐺𝑚𝑀𝐿𝑅𝑀𝐿2(cos𝜓𝐞𝑥−sin𝜓𝐞𝑦)

(2)

Comme tan𝜓≃𝑅𝑇sin𝜃𝑅𝑀𝐿≪1, alors tan𝜓≃sin𝜓≃𝜓 et cos𝜓≃1. Ainsi :

𝐚=−𝐺𝑀𝑇𝑅𝑇2(cos𝜃sin𝜃)+𝐺𝑀𝐿𝑅𝑀𝐿2(1−𝜓).

(3)

Or

𝑀𝐿⃗=𝑀𝑇⃗+𝑇𝐿⃗=𝑅𝑇(−cos𝜃𝐞𝑥−sin𝜃𝐞𝑦)+𝑅𝑇𝐿𝐞𝑥,

(4)

d’où

𝑅𝑀𝐿=(𝑅𝑇𝐿−cos𝜃𝑅𝑇)2+sin2𝜃𝑅𝑇2=𝑅𝑇𝐿2−2cos𝜃𝑅𝑇𝑅𝑇𝐿+cos2𝜃𝑅𝑇2+sin2𝜃𝑅𝑇2=𝑅𝑇𝐿1−2cos𝜃𝑅𝑇𝑅𝑇𝐿+𝑅𝑇2𝑅𝑇𝐿2≃𝑅𝑇𝐿(1−cos𝜃𝑅𝑇𝑅𝑇𝐿)≃𝑅𝑇𝐿−cos𝜃𝑅𝑇(projection selon l'axe des 𝑥).

On a négligé au passage le terme en 𝑅𝑇2, d’ordre 2 en 𝑅𝑇/𝑅𝑇𝐿.