Jusqu’à maintenant il n’a été discuté que des caractéristiques mécaniques et électriques de l’atome. Cependant il est tout à fait attendu, que ce soit par la force de Lorentz ou bien par la boucle de courant que crée l’électron tournant, que l’atome démontre des caractéristiques magnétiques. C’est en effet ce qu’observe Pieter Zeeman en 1896 : en appliquant un champ magnétique sur une lampe spectrale, il observe une modification du spectre de raies qui se dédoublent : c’est l’effet Zeeman.

Fig. 6. – Expérience de spectroscopie sur l’effet Zeeman dans le laboratoire du grand électro-aimant,
dirigé par le physicien Aimé Cotton, à Meudon-Bellevue, 1931. Photo CNRS.

6.1 Effet Zeeman normal : traitement classique de Lorentz

à faire.

6.2 Effet Zeeman normal dans l’atome de Sommerfeld (1916)

6.2.1 Moment magnétique de l’électron

L’électron en rotation autour du noyeau est assimilable à une boucle de courant, et génère donc un champ magnétique. Il en résulte un apport d’énergie potentielle lorsque celui-ci intéragit avec un champ magnétique externe.

Le courant dû à la rotation de l’électron est

𝐼=𝑑𝑄𝑑𝑡=−𝑒𝑇=−𝑒𝜔2𝜋

(25)

avec 𝑇 et 𝜔 respectivement la période et la pulsation de rotation de celui-ci. On a donc un moment magnétique :

𝜇⃗=𝐼⋅𝑆⃗=𝐼𝑆𝑛⃗

(26)

avec 𝑛⃗ l’axe de rotation de l’électron.

Pour un mouvement circulaire uniforme, 𝑆=𝜋𝑟2 tandis que pour une ellipse, 𝑆=𝜋𝑎𝑏 avec 𝑟,𝑎,𝑏 respectivement le rayon, le demi grand-axe et le demi petit-axe de la trajectoire. Pour un mouvement elliptique, la vitesse angulaire de l’électron n’est pas constante. Néanmoins, le moment cinétique est conservé dans le cas d’une force centrale. La loi des aires de Kepler donne :

𝑑𝑆𝑑𝑡=𝐿2𝑚𝑒

(27)

En intégrant sur une période 𝑇, l’aire balayée étant celle de l’ellipse, 𝑆=𝜋𝑎𝑏, on obtient :

𝜋𝑎𝑏𝑇=𝐿2𝑚𝑒soit𝐿=2𝜋𝑚𝑒𝑎𝑏𝑇

(28)

On peut alors exprimer le moment magnétique en fonction du moment cinétique :

𝜇⃗=−𝑒𝜋𝑎𝑏𝑇𝑛⃗=−𝑒2𝑚𝑒𝐿⃗

(29)

Cette relation est valable quelle que soit l’excentricité de l’orbite elliptique, et montre une proportionnalité entre 𝜇 et 𝐿 ; ce lien est intéressant sachant la quantification de ce dernier dans le modèle de Bohr.

Dans le cas ou un champ magnétique externe 𝐵⃗=𝐵𝑢𝑧⃗ serait appliqué au milieu, l’électron va gagner une énergie potentielle magnétique dépendant de l’orientation de son moment magnétique par rapport à celui-ci :

𝐸𝑝,𝑚=−𝜇⃗⋅𝐵⃗=𝑒2𝑚𝑒𝐵𝐿cos(𝜃)⏟projection𝐿𝑧

(30)

avec 𝜃 l’angle entre 𝐿⃗ et 𝐵⃗.

On voit donc que 𝐸𝑝,𝑚 peut prendre une infinité de valeurs du fait de la continuité des valeurs de theta accessibles (on a donc 𝐿𝑧∈[−𝐿,+𝐿]), entre −𝐸𝑝,𝑚max et +𝐸𝑝,𝑚max, avec 𝐸𝑝,𝑚max=𝑒𝐵𝐿2𝑚𝑒. Le niveau énergétique 𝐸𝑛 de l’électron (𝑛 le nombre quantique principal, introduit dans le modèle de Bohr) se retrouve donc à s’étaler sur une gamme d’autant plus grande que 𝐵 est grand :

Ce résultat n’est malheureusement pas du tout ce qu’on observe dans la réalité. Bohr tentera de justifier de l’effet Zeeman observé (discuté dans la suite) dans son modèle mais ne sera pas capable de l’expliquer proprement.

6.3 Effet Zeeman anormal : le spin